Plaidoyer pour un Compte CO2 Individuel (septembre 2025)
La désinvolture collective sur l’utilisation des énergies fossiles n’est pas admissible. Le minimum serait qu’au moins chaque citoyen comprenne le problème, ce qui n’est pas le cas actuellement. Les gestes responsables les plus simples doivent devenir des habitudes.
Plaidoyer pour un Compte CO₂ Individuel (septembre 2025)
De nombreuses associations réclament une action structurée de l’État pour protéger le climat. Pour un « bien commun » aussi important, ce serait un minimum. Mais l’heure n’est pas aux nouvelles dépenses publiques. L’État doit investir un nouveau champ d’action : la motivation individuelle. Confier à chacun la responsabilité de limiter la pollution liée à son mode de vie est une idée simple, très utile et peu coûteuse.
La création d’un Compte CO₂ Individuel permettrait de montrer à chacun son rôle actuel et l’objectif à atteindre. Cette mesure, pourtant décisive pour mobiliser le public, n’existe pas encore. Trois freins l’expliquent : des priorités floues, une pédagogie insuffisante et une surestimation des coûts.
1 / Priorités
La principale cause du dérèglement climatique est l’accumulation du CO₂ issu de l’utilisation des énergies fossiles. Ce dérèglement entraîne des perturbations du climat, des régimes de l’eau, des cultures et de la biodiversité. Pourtant, beaucoup de citoyens occultent cette chaîne essentielle de causes et d’effets.
Ces énergies fossiles, qui représentent encore aujourd’hui près des deux tiers de notre consommation totale d’énergie (1), doivent être réduites en urgence, car les productions futures d’énergies propres sont très loin de pouvoir les remplacer. Diminuer notre dépendance énergétique exige des efforts individuels ainsi que le soutien de l’État.
2 / Pédagogie
Dans la recherche de sobriété, les projets actuels d’associations, fondés sur une obligation de résultat et des sanctions financières, seraient bien sûr plus efficaces que les habituelles obligations de moyens. Mais ils échouent politiquement, car ils sont jugés trop « punitifs » pour une urgence encore insuffisamment perçue.
Il vaudrait mieux aujourd’hui que l’État prenne l’initiative en fournissant gratuitement à chacun son empreinte CO₂, calculée simplement à partir des seules consommations d’énergies fossiles. Ce serait une démarche indolore et beaucoup plus pédagogique pour les citoyens.
Accessoirement, un système de bonus-malus lié à la réduction de la consommation énergétique suffirait à donner davantage de sens à la démarche, sans qu’il soit nécessaire d’imposer des sanctions. La liberté de choisir son niveau d’engagement serait préservée, tout comme la motivation collective. Le chemin serait ainsi montré.
3 / Le coût pour l’État
Il serait modique, car le calcul est simple : les chimistes nous apprennent que brûler du carbone fossile émet environ 0,4 kg de CO₂ par kWh produit. Comme l’énergie est mesurée et facturée partout, il est facile d’en suivre le trajet et donc celui du CO₂.
Au moment de chaque achat ordinaire, grâce notamment aux cartes bancaires, chaque bien ou service pourrait être associé à l’énergie fossile consommée en amont. L’État et les banques disposeraient ainsi des données nécessaires pour établir les Comptes CO₂ Individuels.
Ces comptages généralisés de l’énergie constitueraient une véritable révolution et rendraient visibles les vrais enjeux, pour un coût quasi nul. Un enjeu vital, accessible par une méthode simple !
Qu’attendons-nous pour agir ?
Dominique de Rotalier — novembre 2025
Plus d’informations là : www.derotali.fr et association-acte.org
(1) Pour le calcul du rapport : [(énergie fossile utilisée) sur (énergie totale utilisée)], voir « Sortir du réchauffement climatique », page 34, Éditions du Dauphin.
