Plaidoyer pour un Compte CO2 Individuel (septembre 2025)

La désinvolture collective sur l’utilisation des énergies fossiles n’est pas admissible. Le minimum serait qu’au moins chaque citoyen comprenne le problème, ce qui n’est pas le cas actuellement. Les gestes responsables les plus simples doivent devenir des habitudes.

Plaidoyer pour un Compte CO₂ Individuel (septembre 2025)

De nombreuses associations réclament une action structurée de l’État pour protéger le climat. Pour un « bien commun » aussi important, ce serait un minimum. Mais l’heure n’est pas aux nouvelles dépenses publiques. L’État doit investir un nouveau champ d’action : la motivation individuelle. Confier à chacun la responsabilité de limiter la pollution liée à son mode de vie est une idée simple, très utile et peu coûteuse.

La création d’un Compte CO₂ Individuel permettrait de montrer à chacun son rôle actuel et l’objectif à atteindre. Cette mesure, pourtant décisive pour mobiliser le public, n’existe pas encore. Trois freins l’expliquent : des priorités floues, une pédagogie insuffisante et une surestimation des coûts.

1 / Priorités

La principale cause du dérèglement climatique est l’accumulation du CO₂ issu de l’utilisation des énergies fossiles. Ce dérèglement entraîne des perturbations du climat, des régimes de l’eau, des cultures et de la biodiversité. Pourtant, beaucoup de citoyens occultent cette chaîne essentielle de causes et d’effets.

Ces énergies fossiles, qui représentent encore aujourd’hui près des deux tiers de notre consommation totale d’énergie (1), doivent être réduites en urgence, car les productions futures d’énergies propres sont très loin de pouvoir les remplacer. Diminuer notre dépendance énergétique exige des efforts individuels ainsi que le soutien de l’État.

2 / Pédagogie

Dans la recherche de sobriété, les projets actuels d’associations, fondés sur une obligation de résultat et des sanctions financières, seraient bien sûr plus efficaces que les habituelles obligations de moyens. Mais ils échouent politiquement, car ils sont jugés trop « punitifs » pour une urgence encore insuffisamment perçue.

Il vaudrait mieux aujourd’hui que l’État prenne l’initiative en fournissant gratuitement à chacun son empreinte CO₂, calculée simplement à partir des seules consommations d’énergies fossiles. Ce serait une démarche indolore et beaucoup plus pédagogique pour les citoyens.

Accessoirement, un système de bonus-malus lié à la réduction de la consommation énergétique suffirait à donner davantage de sens à la démarche, sans qu’il soit nécessaire d’imposer des sanctions. La liberté de choisir son niveau d’engagement serait préservée, tout comme la motivation collective. Le chemin serait ainsi montré.

3 / Le coût pour l’État

Il serait modique, car le calcul est simple : les chimistes nous apprennent que brûler du carbone fossile émet environ 0,4 kg de CO₂ par kWh produit. Comme l’énergie est mesurée et facturée partout, il est facile d’en suivre le trajet et donc celui du CO₂.

Au moment de chaque achat ordinaire, grâce notamment aux cartes bancaires, chaque bien ou service pourrait être associé à l’énergie fossile consommée en amont. L’État et les banques disposeraient ainsi des données nécessaires pour établir les Comptes CO₂ Individuels.

Ces comptages généralisés de l’énergie constitueraient une véritable révolution et rendraient visibles les vrais enjeux, pour un coût quasi nul. Un enjeu vital, accessible par une méthode simple !

Qu’attendons-nous pour agir ?

Dominique de Rotalier — novembre 2025

Plus d’informations là :   www.derotali.fr    et     association-acte.org

(1) Pour le calcul du rapport : [(énergie fossile utilisée) sur (énergie totale utilisée)], voir « Sortir du réchauffement climatique », page 34, Éditions du Dauphin.

Annexe 1 du « Plaidoyer pour un Compte CO2 Individuel », partie technique. (mars 2026)

Cet article a été rédigé par une IA

Calcul de la quantité de CO₂ (en kg de CO₂) libérée lors de la production d’une énergie de 1 kWh au moment de la combustion du carbone.

« 1 – Calcul en conditions standard

La relation entre l’énergie libérée lors d’une combustion et la quantité de dioxyde de carbone (CO₂) formée peut être établie directement à partir de la stœchiométrie de la réaction chimique et des données thermodynamiques standard.

On considère ici la combustion complète du carbone pur, qui constitue un cas de référence utile pour établir une borne supérieure des émissions de CO₂ par unité d’énergie produite.

La réaction chimique considérée est :

C (s) + O₂ (g) → CO₂ (g)

Cette réaction correspond à l’oxydation complète d’une mole de carbone solide en une mole de dioxyde de carbone gazeux. L’enthalpie standard de réaction associée à cette transformation est égale à l’enthalpie standard de formation du dioxyde de carbone. À 25 °C et sous une pression de 1 atm, cette valeur est :

ΔH° = −393,5 kJ/mol

Le signe négatif indique que la réaction est exothermique, c’est-à-dire qu’elle libère de l’énergie. Ainsi, la combustion d’une mole de carbone produit simultanément une mole de CO₂ et libère une énergie thermique de 393,5 kJ.

La masse molaire du dioxyde de carbone est donnée par :

M(CO₂) = 12 + 2 × 16 = 44 g/mol

Il en résulte qu’une mole de CO₂ produite correspond à une masse de 44 grammes. On peut alors établir la quantité d’énergie libérée par unité de masse de CO₂ formée.

Le rapport entre l’énergie libérée et la masse produite s’écrit :

393,5 kJ pour 44 g de CO₂,

soit :

393,5 / 44 = 8,94 kJ/g

En unités usuelles d’ingénierie énergétique :

8,94 kJ/g = 8,94 MJ/kg.

Cette valeur signifie que la formation d’un kilogramme de CO₂ par combustion complète du carbone correspond à une libération d’énergie thermique de 8,94 MJ. »

Afin d’exprimer cette relation dans l’unité énergétique couramment utilisée pour les bilans énergétiques, il convient de convertir les mégajoules en kilowattheures. La relation de conversion est :

1 kWh = 3,6 MJ.

On cherche maintenant la masse de CO₂ correspondant à une libération d’énergie de 1 kWh. Le calcul consiste à diviser l’énergie correspondant à 1 kWh par l’énergie spécifique associée à la formation d’un kilogramme de CO₂ :

m(CO₂) = 3,6 MJ / 8,94 MJ/kg

ce qui donne :

m(CO₂) = 0,403 kg

On obtient ainsi la relation fondamentale suivante : la libération de 1 kWh d’énergie thermique par combustion complète du carbone pur correspond à l’émission d’environ 0,40 kg de CO₂.

2 – Calcul en conditions réelles

Ce résultat repose sur plusieurs hypothèses implicites qu’il convient d’expliciter. La première est que la combustion est complète, c’est-à-dire que tout le carbone est converti en CO₂ sans formation de monoxyde de carbone (CO) ou de suies.

La deuxième est que l’on travaille dans des conditions thermodynamiques standard, avec une enthalpie de réaction correspondant à la formation de CO₂ à l’état standard.

Enfin, on suppose que le combustible est constitué exclusivement de carbone pur, ce qui correspond à une approximation idéale. Dans les applications industrielles réelles, les combustibles contiennent généralement de l’hydrogène et parfois d’autres éléments (soufre, azote, humidité, cendres).

La présence d’hydrogène modifie la relation entre énergie libérée et CO₂ produit, car une partie de l’énergie provient alors de la formation d’eau (H₂O) plutôt que de CO₂. Par conséquent, les combustibles hydrocarbonés usuels, tels que le gaz naturel ou le fioul, présentent généralement des émissions spécifiques en CO₂ par kWh plus faibles que celles du carbone pur.

Il convient également de distinguer l’énergie thermique libérée lors de la réaction chimique de l’énergie utile récupérée dans un système réel. Le rendement d’une installation (chaudière, turbine, moteur thermique, etc.) est alors souvent faible (inférieur à 0,5) et influe sur la quantité de CO₂ émise par kWh utile délivré, mais n’affecte pas la relation fondamentale entre l’énergie chimique libérée et la quantité de CO₂ formée.

Il convient donc, pour une estimation en conditions réelles, d’introduire dans le calcul la composition du combustible, notamment sa teneur en hydrogène, ainsi que le rendement de la machine permettant de passer de l’énergie thermique à l’énergie utile.

En résumé, la relation stœchiométrique entre le gaz CO₂ formé et l’énergie libérée lors de la combustion du carbone permet d’établir une valeur de référence simple : environ 0,40 kg de CO₂ sont produits pour chaque kilowattheure d’énergie thermique libérée lors de la combustion complète du carbone pur. Cette valeur constitue une base utile pour les estimations d’émissions maximales et pour la comparaison entre différents combustibles énergétiques.


Annexe 2 du « Plaidoyer pour un Compte CO2 Individuel », importance des connaissances au sein de la population (mai 2026).

Le but de cette démarche est de mesurer le degré de connaissance globale vis-à-vis du climat, ainsi que l’éco-anxiété et l’implication personnelle de la population en général.

La méthode des observations aléatoires est appliquée ici. De temps en temps, la question suivante est posée à une personne disponible prise au hasard (par exemple dans la salle d’attente d’un laboratoire médical). « S’il vous plait, dites-moi ce que vous savez du réchauffement  climatique. Que faire en face de cela ? » et les réponses spontanées sont enregistrées sans modification ni tri 

Les dix réponses :

  1. C’est important. Moi j’attends de voir comment ça évolue. S’il y avait quelque chose d’important à faire, ILS nous l’auraient dit. »
  2. Il faut absolument limiter les émissions de CO2, de gaz à effet de serre. C’est surtout l’affaire de l’industrie.
  3. Je ne suis pas d’accord avec cette culpabilité et ces injonctions qu’on nous impose en permanence.
  4. Tout se dégrade, la nature, la santé. C’est la faute des usines. Certains gagnent de l’argent, alors ils sont contre les mesures à prendre. Nous on est petits, on ne peut rien faire.
  5. On va dans le mur et on ne fait rien.
  6. En y réfléchissant bien, je crois que  je ne sais rien en dire.
  7. Comme le dit le professeur X, : sur le long terme, la terre se refroidit. Il n’y a rien à faire.
  8. C’est grave. Moi j’observe la dégradation de la nature. Il faudrait que le gouvernement nous indique une manière de mesurer les gestes à faire ou à ne pas faire. C’est un problème d’éducation.
  9. Ça peut être grave. Il y a aussi de la manipulation pour atteindre les « petites gens ». Moi je viens du Limousin. Les vrais pollueurs c’est les américains et les chinois.
  10. C’est important, il faut faire des efforts, par exemple rouler moins, avec une voiture plus économe. Mais on n’a pas toujours l’argent pour.

Résultats : Eco-anxiété = 8/10 ; Connaissance = 3/10 ; Implication = 2/10

Mes conclusions :

  • L’éco-anxiété est presque généralisée.
  • Manifestement l’absence de Connaissances empêche l’Implication, il est donc inutile de prêcher pour le renforcement de cette dernière avant d’avoir installé une démarche d’apprentissage. Il faut une autorité crédible et pédagogue qui pourra établir la simple connaissance de la réalité. Quelle autorité existe-t-il aujourd’hui, meilleure que celle de l’État ?
  • Remarquons que sur les dix interlocuteurs, un seul a mentionné la nécessaire sobriété énergétique dans notre vie quotidienne. , Cette sobriété vis-à-vis de l’énergie est pourtant centrale dans le sauvetage du climat. Il y a du travail à faire ! Pour certains l’énergie est probablement une réalité un peu trop virtuelle. Sa manifestation physique changeante, sa source solaire ou nucléaire assez limitée, son utilisation indispensable pour toute vie sur terre, le caractère contre nature et actuellement difficilement évitable de l’utilisation des stock fossiles avec l’émission inéluctable de CO2 polluant, la différence fondamentale entre énergie d’origine fossile et celle d’origine contemporaine, tout cela est peut-être mal compris. Il en découle qu’un réel effort de compréhension et d’actions est nécessaire pour avancer vers le « zéro émission de CO2 » qui conditionne le « zéro augmentation du désordre climatique ». Il n’y a pas de solution radicale et définitive, mais il est inadmissible de voir l’actuelle méconnaissance, la désinvolture et le gaspillage généralisé de l’énergie.
  • Le Compte CO2 Individuel est un moyen d’attirer l’attention de la population et de l’inciter à se préoccuper de son implication personnelle dans la construction du futur. Le fait que l’État soit le maitre de ces calculs et si l’État est suffisamment pédagogue et bienveillant, avec un pouvoir « punitif » théorique mais non utilisé, cela renforcera l’efficacité de la démarche pour faire évoluer la connaissance, puis la motivation. Ce rôle pédagogique de l’État est conforme à sa mission de défense du bien commun.

Annexe 3 du « Plaidoyer pour un Compte CO2 Individuel », aspect pratique (mai 2026)

Annexe 3 du « Plaidoyer pour un Compte CO₂ Individuel » — aspect pratique (mai 2026)

La création de Comptes Individuels d’Énergie (ou de CO₂, ce qui revient presque au même) pour le suivi des quantités d’énergie échangées ou utilisées partout peut sembler complexe. Mais ce suivi n’est pas compliqué : il est simplement volumineux.

Si l’on garde à l’esprit que l’énergie est une grandeur fondamentale du monde vivant, et que les comptes en kWh des différents acteurs s’ajustent lors de toutes les transactions (le compte monétaire de l’acheteur diminue tandis que son compte en kWh augmente), alors il n’est pas anormal de penser que ce suivi puisse être identique et parallèle à celui que nous utilisons chaque jour pour la monnaie. Il doit simplement comptabiliser les kWh en même temps que le compte monétaire comptabilise le prix.

L’automatisation de cette « double facturation » sur les cartes bancaires et les comptes courants ne devrait pas être compliquée. Tout serait automatisé et mis à la disposition des clients par les banques, comme c’est déjà le cas pour les comptes en euros.

L’importance qui sera accordée au système de suivi des énergies se justifie pleinement par la place que prendra dans nos vies la catastrophe climatique en préparation. Le nécessaire suivi des comptes en kWh redonnera à l’effort de sobriété la place qui lui est due. La similitude entre les deux comptes (en euros et en kWh) facilitera grandement la mise en place de ce suivi.

Il est aujourd’hui incroyable que, compte tenu des nombreuses possibilités d’action offertes aux consommateurs finaux pour limiter la dégradation du climat, il n’existe toujours pas de système de mesure et d’enregistrement de la consommation individuelle d’énergie, alors même qu’elle constitue la principale source du désordre climatique.

Comment peut-on faire l’effort de réduire quelque chose que l’on ne connaît pas ?

Pour une pédagogie du climat : mobiliser avant de légiférer. (Août 2025)

:Préambule :
La pédagogie commence par l’écoute, la curiosité, le dialogue. Face au défi climatique, il ne s’agit pas d’imposer des contraintes dès aujourd’hui, mais de construire une compréhension partagée du problème et des solutions.

Ce que nous savons et ne discutons plus :

Le Compte Carbone et ses alliés , le ShiftProject , ACTE , et d’autres encore, convergent vers un même objectif : défendre ce Climat qui est notre bien commun par une action structurée de l’État ; Il est temps que l’État assume pleinement son rôle et montre clairement grâce à un Compte Carbone Individuel la part de responsabilité qui revient à chacun.

Mais pour réussir, il faut embarquer tout le monde.

Aujourd’hui les initiatives individuelles de sobriété peinent à mobiliser largement. « Je veux bien faire des efforts, mais à condition que tout le monde en fasse. »

C’est pourquoi il faut une étape intermédiaire, une pédagogie collective d’information, de motivation et d’organisation avant toute mesure contraignante.
Le Compte Carbone Individuel est un outil pertinent, mais s’il est accompagné d’une contrainte autoritaire immédiate, il se heurtera à l’incompréhension et au rejet.

La population n’est pas encore pleinement consciente des données exactes du problème. Nous les rappelons ici pour mémoire :

  • Le CO₂ est la principale nuisance, Il est issu de l’utilisation des énergies fossiles.
  • Il s’accumule dans l’atmosphère et ne s’élimine qu’à l’échelle de plusieurs siècles.
  • En France, les deux tiers de l’énergie consommée sont fossiles(1). Ce gros volume d’énergie polluante ne permet qu’un remplacement très lent au rythme de la construction de centrales d’énergie non carbonée. Nous continuerons malheureusement encore de nombreuses années à polluer.
  • C’est donc le devoir de tout citoyen de réduire maintenant ses émissions de CO2. L’objectif à terme est proche de zéro.

Proposition : un premier pas, simple, pédagogique et mobilisateur.

Que signifie « un devoir de réduire » si personne ne sait vraiment comment compter ? En réalité l’État pourrait facilement, calculer et publier pour chacun son Compte Carbone Individuel des émissions de CO2 qui lui sont imputées. Et même partiellement incomplet, ce compte pourrait être la base d’une taxe symbolique liée à l’évolution de son montant d’une année sur l’autre. Ce geste, modeste mais fort, permettrait :de sensibiliser massivement la population.

Au sein de l’État l’apparente complexité d’une telle démarche de comptabilité carbone disparaît si on remarque la caractéristique suivante de la nature. L’utilisation de matières fossiles (pétrole, gaz, etc.) pour générer de l’énergie repose toujours sur la réaction de combustion du carbone qui produit en même temps que la molécule de CO2, une quantité d’énergie, toujours la même. Ce qui permet d’établir une correspondance entre pollution et génération d’énergie qui est bien pratique : un kWh d’énergie utilisée c’est   0.4 kg de CO2 généré. Quand on sait que l’énergie a une certaine valeur, on voit que des compteurs et des factures sont toujours là pour valoriser les transactions successives.  Dans le cas d’objets ou de services produits dans une chaine de transformations toutes les énergies utilisées peuvent s’imputer au compte du consommateur final. Ces caractéristiques permettront à l’État d’établir facilement la base des Compte Carbone Individuels appuyée sur des valeurs incontestables et exemptes de coefficients « à dire d’experts ».

Les autres gaz à effet de serre ne seront bien sûr pas comptés dans ce processus, mais ils ne provoquent pas plus que 30 % des nuisances climatiques. Ils pourront être intégrés au calcul quand la mesure des flux concernés sera possible.

Ce premier pas de comptage carbone permettra :

  • De créer les outils de mesure et de définition des responsabilités.
  • De rappeler le contexte du dérèglement climatique et l’importance des démarches de sobriété.
  • De légitimer l’action de l’État.
  • De décider démocratiquement et d’adapter régulièrement les objectifs de baisse des émissions de CO2.
  • De créer les conditions d’un mouvement collectif, volontaire et éclairé.

Ne commençons pas par imposer, commençons par nous donner les moyens de pouvoir expliquer, mesurer, mobiliser, montrer l’objectif, construire l’adhésion.

C’est ainsi que nous pourrons, ensemble, relever le défi climatique.

Dominique de Rotalier

(1)= https://editionsdudauphin.com  Sortir du réchauffement climatique,  page 34.

Le Nouveau Chemin pour le Climat (mars 2024).

Le Nouveau Chemin proposé est complètement différent de celui que nous empruntons actuellement. Il renforce la motivation et la responsabilisation des particuliers et donne à l’État un rôle important pédagogique et non punitif.

Ce Nouveau Chemin se base sur le calcul automatique de la pollution CO2 émise par chaque particulier, calcul effectué à l’aide de la relève de l’ensemble des compteurs d’énergie (Annexe 1). Il permet d’informer régulièrement chaque particulier de la quantité de CO2 dont il a personnellement provoqué l’émission. Pendant une période assez longue et grâce par exemple à une incidence fiscale symbolique la population pourra mieux comprendre la relation directe qu’il y a entre sa consommation d’énergie et la catastrophe climatique que nous vivons. (Annexe 2)

La seconde étape incontournable est ensuite de choisir démocratiquement le rythme de progrès collectif retenu pour diminuer cette pollution CO2. Ce processus permet de définir les objectifs individuels qui partageront équitablement l’effort à accomplir. (Annexe 3)

En conséquence comme première action ACTE demande que les pouvoirs publics mettent en place dès maintenant la logistique de calcul de la contribution individuelle à l’émission de CO2. Elle est simple à réaliser, elle ouvre la porte à une action volontaire collective de grande ampleur pour le climat.

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Annexe 1 – Le calcul automatique de la contribution individuelle de CO2.

Il faut rappeler que la cause unique du dérèglement climatique est l’appétit insatiable de l’humanité pour l’énergie. Ce besoin sans cesse inassouvis l’a poussée à utiliser l’énergie fossile qui est génératrice de CO2. Actuellement cette source polluante apporte 60% de nos approvisionnements en énergie et ce sera un travail énorme de réduire ce chiffre par la sobriété et les investissements industriels. Les productions d’énergie non fossile étant limitées, le fossile sert de complément nécessaire à chaque instant. Il fonctionne donc en marginal et toute action de sobriété diminue directement l’utilisation d’énergie fossile et donc la pollution correspondante. Dans la réaction chimique de combustion du carbone la quantité d’énergie libérée est strictement proportionnelle à la quantité de carbone utilisée et donc de CO2 produit. On peut ainsi mesurer la pollution CO2 émise en mesurant simplement l’énergie utilisée. Celle-ci peut être localisée et attribuée au consommateur final qui est le décisionnaire de l’action.

Pour calculer la quantité d’énergie totale qu’un consommateur final utilise il faut additionner ses achats directs (électricité, gaz, essence, etc…) et ses achats indirects. Ces derniers sont calculés à partir de l’énergie achetée par les entreprises qui ont fabriqué les matières ou services qui sont achetés et consommés. Tous ces achats d’énergie se basent sur des quantités parfaitement connues et mesurées par des compteurs. Si on décide que toutes les entreprises sont tenues de répercuter sur les matières vendues l’énergie qu’elles ont achetée et si toutes les transactions font l’objet d’un échange d’euros dans un sens et d’un échange de kWh dans l’autre sens, on obtient une mesure exacte de l’énergie totale utilisée par chaque consommateur final. Le « Compte Carbone » en kWh est ainsi créé, il mesure en kWh la pollution CO2 dont chacun est responsable. Le Compte Carbone en kWh de chacun devient de cette manière aussi habituel et automatique que le compte en banque du même consommateur en euros. Il représente la pollution générée qu’il convient de maîtriser. Une application gratuite serait utile par exemple pour mettre le détail de cette quantité de CO2 à la disposition de son créateur-pollueur et l’aider à l’analyser quand il le souhaite. Une supervision par l’État serait utile pour éventuellement relancer le pollueur irresponsable. A cette étape on se gardera de mettre des sanctions autres que symboliques, ce qui diminuerait la motivation. Cette petite révolution augmentera la « charge mentale » de toute la population mais devrait être matériellement peu onéreuse. Un peu de charge mentale pour le problème climatique ne nuit pas.

Annexe 2 : La dimension sociétale du projet.

Tout repose sur la bonne compréhension du rôle de l’énergie dans notre univers. L’énergie est, comme la masse, une des grandeurs physiques qui se conservent malgré diverses réactions chimiques et changements d’apparence. La totalité du vivant a dans ses gènes l’envie de se développer et de bouger en utilisant les différentes formes disponibles de l’énergie solaire. Solaire car en dehors du nucléaire terrestre il n’en existe pas d’autres sources. Les plantes se tournent vers le soleil, captent l’énergie reçue pour casser les molécules de CO2, stockent l’énergie sous forme de produit carboné et rejettent l’oxygène dans l’atmosphère. Les animaux récupèrent cette énergie en mangeant les plantes. Les gros animaux mangent les petits, etc…Chacun court vers plus de développement plus de puissance, plus de mouvement, mais grâce aussi à plus de consommation d’énergie. Et l’homme accélère tous les jours cette consommation en allant chercher du carbone fossile dans les profondeurs. La mauvaise nouvelle est qu’au moment de la libération de l’énergie, c’est-à-dire de la ré-oxydation du carbone de C en CO2, ce CO2 produit ne retourne pas dans le sous-sol profond mais se stocke dans l’atmosphère. Sans s’éliminer, le CO2 pollue irréversiblement et dérègle notre climat. On voit que malgré la pollution provoquée, l’utilisation de l’énergie fossile est dans notre nature profonde. C’est une force très importante qui nous dépasse à l’échelle individuelle. Les hommes ont deux principales motivations, les actions qui les concernent personnellement, et celles qui font participer leur communauté toute entière. Seule une action qui met en jeu tout le groupe et pour le long terme est capable de dépasser cette pulsion égoïste individuelle (« Mais si tout le monde y va, j’y vais aussi ! »).

Cette étape d’organisation, de formation générale et individuelle sera psychologiquement longue et difficile. Nous sommes aujourd’hui malheureusement loin de voir assimilée par tous cette simple idée que la catastrophe climatique a pour principale cause l’utilisation excessive d’énergie. Brûler les étapes en sanctionnant brutalement des personnes qui n’ont pas bien compris de quoi il s’agit serait contre-productif.

Annexe 3 : le futur.

Quand la constatation sera faite d’une bonne progression de cette première phase, le vote démocratique décidera d’un objectif collectif d’évolution annuelle. On ne peut imposer le rythme de l’évolution collective, il doit être décidé chaque année par les personnes concernées après une concertation. De même la répartition de l’effort au sein du groupe et donc son aspect politique de droite ou de gauche, peut se régler par des barèmes de contributions progressifs, comme pour les impôts. Pour conserver la cohérence sociale l’effort théorique fortement recommandé à chacun doit être réparti sur tous de manière politiquement acceptée. Par exemple certains voudront calculer l’effort de diminution annuel en pourcent de leur pollution CO2 individuelle actuelle. D’autres trouveront plus équitable de faire porter la totalité des efforts par « les riches ». La décision est politique, mais gardons-nous de vouloir régler en même temps tous les problèmes (le climat, en même temps que l’arbitrage gauche-droite).

Encore plus tard, une attitude progressivement plus autoritaire et coercitive pourra arriver, quand la majorité de la population aura fait par elle-même le chemin intellectuel nécessaire. L’acceptation sera alors quasi unanime et la sanction marginale.

DDR mars 2024