Les six dilemmes retenus sont les suivants. La question est : ne passent-ils pas à côté du grand dilemme climatique ? La question mérite d »être examinée.
Les 6 dilemmes retenus
1. 🥕 Peut-on manger une nourriture saine et produite en France à un prix abordable ?
2. 🤖 Doit-on limiter le développement de l’intelligence artificielle ?
3. ⛽ Peut-on s’affranchir rapidement des carburants fossiles sans contraindre la liberté de déplacement ?
4. 🏗️ Peut-on aménager et développer les territoires tout en préservant les espaces naturels ?
5. 🚰 Peut-on continuer à consommer de l’eau comme avant, alors que les sécheresses se multiplient ?
6. 🏭 Doit-on réindustrialiser le pays quitte à en assumer les coûts économiques et environnementaux ?
Il semble que le dilemme 3 soit trop limité : la question dépasse largement la seule question de la liberté des déplacements. D’où la lettre ouverte suivante :
Lettre ouverte aux 150 citoyens d’Un Commun Accord
Octobre 2026
Dans la formulation des six dilemmes, est-on allé au bout de la démarche ?
Quelle déception ! Quelle tristesse ! Les six dilemmes qui ont été retenus pour le travail des 150 citoyens passent à côté de l’enjeu principal, la sortie du bouleversement climatique global..
La méthode suivie par Un Commun Accord paraissait exemplaire pour débattre des grands dilemmes. Un climat bouleversé et des guerres généralisées nous donnaient l’impression de foncer dans le mur. Il semblait n’y avoir aucune solution pour éviter un avenir catastrophique, de plus en plus visible, dont les bouleversements climatiques sont l’une des causes premières.
Mais un espoir est apparu grâce à la découverte d’un CHEMIN possible pour le climat : une organisation sociale capable, à terme, de préserver « l’habitabilité » de notre Terre et l’avenir de l’humanité (voir le « Plaidoyer pour un compte CO₂ individuel »). Mais ce chemin demande à être étudié pour être compris et nécessiterait de grands efforts individuels et collectifs. Comme souvent face à une grande difficulté, nous « regardons ailleurs ». Faut-il nous engager collectivement dans cette direction ? Voilà le GRAND dilemme sur lequel nous devons travailler !
Les autres dilemmes, eux, concernent des sujets plus particuliers : manger, se déplacer, consommer du territoire, de l’eau ou des projets industriels. Ce sont effectivement des sujets qui motivent chacun, et c’est légitime de prime abord. Pour « résoudre » un dilemme, il faut mesurer, mettre des chiffres sur la situation actuelle et définir des règles pour les actions à réaliser. Il n’est pas toujours facile de mettre des chiffres sur les situations, mais c’est nécessaire pour que la réponse finale ne reste pas trop générale. Car la solution d’un dilemme ne réside pas dans l’étude compliquée de la question : « Comment et combien, dans quelles circonstances, pourrons-nous manger mieux, utiliser de l’énergie, etc. ? », mais dans la question suivante : « Quelle organisation sociale devons-nous mettre en place collectivement pour éviter la catastrophe ? »
Dans la précipitation du démarrage d’Un Commun Accord, n’est-on pas passé à côté du grand dilemme ? Le grand dilemme climatique se pose à l’échelle de l’humanité. Il est presque invisible à l’échelle individuelle, mais il concerne l’énergie qui se mesure facilement. Le phénomène est cumulatif et menace, à terme, avec certitude, la vie des êtres humains sur Terre.
Il me semble que les citoyens devraient encore étudier ce dilemme avant de l’éliminer de leur programme en « regardant ailleurs ».
La définition succincte du grand dilemme est, de mon point de vue, la suivante :
- Nous consommons tellement d’énergie que le recours aux énergies fossiles est aujourd’hui indispensable pour couvrir environ les deux tiers de nos besoins. L’utilisation des énergies fossiles émet du CO₂, qui s’accumule dans l’atmosphère et modifie inexorablement et cumulativement le climat.
- Le développement et la croissance individuelle, rendus possibles par l’utilisation d’énergie, sont « dans nos gènes ». Se limiter individuellement dans les proportions nécessaires est psychologiquement impossible sans un mouvement collectif volontaire, quasi unanime. « Je veux bien faire les gros efforts nécessaires si tout le monde les fait. »
- Il s’agit donc de parvenir à ce mouvement collectif, ce qui suppose un CHEMIN à long terme passant par une autorité pédagogique bienveillante, une éducation et une formation scientifiques minimales, un calendrier adéquat, ainsi que des consultations et des décisions collectives régulières.
- Heureusement, ce grand dilemme repose sur une grandeur facilement mesurable : l’énergie.
Le grand dilemme à résoudre est le suivant : « Voulons-nous, OUI ou NON, adopter un chemin pour maîtriser, à terme, la dérive climatique ? »
Personnellement, je travaille sur ce sujet qui m’obsède depuis plus de dix ans. Les textes que nous avons écrits avec l’association ACTE vous donneront davantage de détails. Vous les trouverez ici : www.derotali.fr et ici : www.association-acte.org.
Lisez, regardez la vidéo du théâtre-forum, réfléchissez !